Test manivelles Powercranks
tester par PHIL ( trouver sur le net )
Un nouveau pédalier pour mon vélo de route ? Pas vraiment. Les manivelles Powercranks sont utilisées lors de votre entraînement essentiellement. Caractéristique : elles sont indépendantes, ce qui permet de pédaler une jambe après l'autre, ou mieux, de travailler une parfaite synchronisation des deux jambes.
J'ai utilisé les pédales deux mois en début de préparation. J'avoue que ça m'a coûté assez cher en temps et en sous au départ (trouver les bons plateaux, les outils pour monter et démonter le pédalier, un home trainer, etc.) mais dès que j'ai enfin pu m'y mettre, j'ai très rapidement pu voir des effets bénéfiques.
Si les cyclistes et triathlètes utilisent la plupart du temps les Powercranks pour améliorer leur rendement, et donc optimiser la puissance musculaire qu'ils développent, les buts d'un coureur d'ultra seront un peu différents. Il y a à mon sens trois phases possibles dans un entraînement Powercranks adapté au coureur d'ultra :
1/ Equilibrage gauche-droite. C'est le point le plus intéressant de mon point de vue. Même si on peut toujours "tricher" et forcer un peu plus sur une jambe que sur l'autre, le mouvement naturel demandé par les Powercranks impose plutôt de produire la même force et le même mouvement avec les deux jambes. En quelques entraînements, on se rend compte que les deux jambes moulinent de la même façon. En soi, ce n'est pas très intéressant puisque notre but à nous c'est de courir. Oui mais l'effet sur la technique de descente (notamment) lorsqu'on court sur des sentiers difficiles est immédiat. Alors que mes reprises en entraînement de type trail sont souvent délicates, avec l'impression d'avoir une jambe droite pas trop mal et une gauche "en bois", ça s'est beaucoup mieux passé cette année grâce aux Powercranks. Meilleur déroulé, meilleures sensations sur la jambe gauche, meilleur équilibrage et donc plus d'options dans les appuis (sinon j'ai tendance par exemple à laisser la jambe droite négocier les passages délicats). En résumé, il y a de toute évidence un travail nerveux qui s'effectue et qui permet d'optimiser le passage d'information de la tête aux jambes.
2/ Musculation / PPG. Les psoas sont l'exemple typique des muscles négligés par les coureurs d'ultra, et pour cause, il est très difficile de les entraîner en courant. Ce sont des muscles qui ne font "mal" que si on court très longtemps (mais on ne peut pas faire 80 km par jour pour s'entraîner les psoas) ou si on s'entraîne en vitesse (mais peu de coureurs d'ultra ne s'entraînent pas suffisamment en vitesse pour ressentir des effets bénéfiques sur les psoas). Notre seule planche de salut consiste à espérer que la pratique sur le long terme de l'ultra finisse par nous forger des psoas en béton, ce qui évitera ensuite d'abandonner après 20 heures de course parce qu'on ne peut plus lever la jambe. La encore, les Powercranks peuvent à mon sens être décisives, car elles font travailler l'ensemble des muscles des jambes, et notamment ces muscles secondaires très importants pour nous. Je parle des psoas, mais également des muscles releveurs du pied, de ceux qui maintiennent la cheville, les genoux, les hanches, etc. Pour en revenir aux psoas, on ressent très vite l'intérêt de les développer dès la première côte ou dès la première accélération. Même en ultra, on a besoin d'un peu de puissance et de vitesse. Et puis de toute façon, ça participe à l'économie de geste qu'on recherche.
3/ Puissance. Je ne suis pas arrivé à un niveau de pratique suffisant pour vraiment utiliser les manivelles dans un objectif de développement de puissance. J'aime bien faire du vélo pour faire des séances dures avec le cœur au bord des lèvres et les poumons explosés mais avec les Powercranks, ce n'est pas possible compte tenu de mon niveau en vélo. Sans les Powercranks, il suffit que je fasse des accélérations à 40-45 km/h pour avoir de bons effets cardio-vasculaires. Avec, il faudrait que j'aille à 55-60 ! Par contre, je suis convaincu que ce type d'entraînement pourrait être intéressant à mener. En ultra-trail, c'est sûr, mais aussi pour l'ultra-plat ultra-long, qui a tendance à développer une musculature économe, moins puissante et même un peu déséquilibrée.
Deux précautions à prendre avec ces manivelles. La première est d'ordre sécuritaire : commencez de préfrence par vous entraîner sur un home-trainer (des rouleaux par exemple), pour vous habituer. Sortir dès la première séance en ville au milieu des voitures est fortement déconseillé. La seconde précaution est d'ordre financière. A la location, un pédalier coûte entre 75 et 50 euros par mois, et à l'achat (on retient son souffle) entre 749 et 899 euros. C'est presque trois fois le prix de mon vélo !
Comme dit en préambule, il faut aussi compter les dépenses annexes : nouveau plateau si l'entre axe du votre ne correspond pas à un modèle de Powercranks existant et home trainer si vous tenez à la vie.
Voilà pour ce retour de manivelle et d'expérience. Mon point de vue global est plutôt positif. L'utilisation de ces manivelles, pour un non cycliste comme moi, rend l'exercice beaucoup plus ludique que simplement souffrir sur ses deux roues. Si l'entraînement musculaire n'est pas évident pour un coureur, on gagne très vite en synchronisation des deux jambes et ça se ressent immédiatement en trail : davantage de puissance en côte grâce à une remontée de jambes plus franche, et une plus grande aisance sur les sentiers techniques.
/http%3A%2F%2Fwww.3athlon.be%2Fwww%2Fimages%2Fstories%2Fgetest%2Fpowercranks.jpg)
Démonstration du powercranks par Herminator
http://herminator67.over-blog.com/article-6133531.html